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Quand on a la chance d'être en CDD pour un temps assez long (supérieur à 10 mois), on a le droit d'avoir un logement via notre ministère.
Alors bien sûr, pour avoir l'appartement de vos rêves, il faut déjà vous y prendre à l'avance, être en haut de la liste mais aussi avoir eu le courage de faire le dossier complètement, et avoir eu la chance d'avoir tous les papiers qu'il faut.
Ainsi, on aura peut-être la chance d'avoir un appart' 2 fois plus grand que celui qui nous sert de chez-nous pour le moment, pour le même prix...ou moins cher...en plein centre ville avec Carrefour à deux pas, une médiathèque de l'autre côté et un centre commercial à nos pieds. Par rapport à une zone pavillonaire où la première baguette est accessible à condition de faire 20 min à pieds (aller seulement !), c'est sûr, ça fait rêver.
Oui, mais pour ça, il faut d'abord faire un dossier. De la paperasse en pagaille ! Tout d'abord un numéro de demande de logement unique pour chaque département. Kézako ? Je me suis posée la même question surtout quand j'ai vu qu'on me disait d'aller à la mairie de Paris pour faire les démarches...quel est le rapport entre la mairie de Paris et les départements de la région parisienne ??
Me voilà partie pour aller à la direction du logement pendant ma pause déjeuner : le parapluie dans une main, la pochette sous le bras, le sandwich dans l'autre main et...et le plan, je le mets où ? Après m'être bien paumée, parce que quand la RATP indique une sortie vers le boulevard Henri IV, vous sortez sur une autre rue..., j'arrive enfin à la direction du logement, je remplis la feuille et là on me dit qu'il faut mettre l'arrondissement où je veux un logement. Mais je veux pas aller sur Paris moi ! Et en parlant avec la dame, elle m'explique que le ministère fait n'importe quoi, et que la mairie de Paris c'est uniquement pour les demandes de logements sur Paris : ce qui me paraissait plus logique mais bon j'avais suivi les indications. Elle me dit ensuite que je suis pas la seule, ça me rassure...Voilà donc une pause déjeuner perdue pour rien.
Le bas du pantalon trempée, je rentre au boulot où il faut donc que je trouve le numéro du bureau du logement de la préfecture des Yvelines...ça c'était une supposition, rien ne me disait que c'était à eux que je devait m'adresser...Le ministère nous informe que les dossiers qui n'indiquent que des choix sur Paris ne sont pas prioritaires mais il n'indique pas comment faire pour aller dans un autre département. Me voilà donc sur le site de la préfecture des Yvelines : il y a bien un bureau du logement mais vous ne le trouverez pas dans la rubrique des services de la préfecture. Pourquoi ? Ont-ils peur de recevoir trop de coups de fils ? Finalement mon petit bonhomme à moi a enquêté et trouvé un numéro de téléphone sur le site du ministère de la justice !
J'appelle : "Une opératrice va vous répondre, Une opératrice va vous répondre, Une opératrice va vous répondre, Une opératrice va vous répondre, Une opératrice va vous répondre, Une opératrice va vous répondre, Une opératrice va vous répondre " Ohhhh TA GUEULE !
Je réessaye : "Oui il faut m'envoyer un fax"...un FAX ? C'est quoi cette préfecture ? Je lui demande si je peux pas aller le chercher pour que ce soit plus rapide...réponse ? NON ! Bon ok, je vais essayer de faire marcher un fax...en 2008 !
Ensuite le ministère ne sait plus trop où il en est, il ne sait même plus qui bosse chez lui : il lui fait donc le contrat de travail, une attestation qui prouve qu'on y bosse bien, plus une fiche de paye, plus une attestion du bureau qui fait les fiches de payes qui doit prouver que la fiche de paye n'est pas une fausse ! ARGHH !!
Et enfin, il y a la rubrique : j'ai pas ces documents, comment je fais ? Feuille d'imposition de l'année n-2 ou feuille de non-imposition ; trois derniers bulletins de salaires plus celle du mois de décembre précédent, la preuve que j'ai bien payé tous mes loyers (si je demande à ma proprio, elle va se poser des questions...).
Bon, ça coûte rien d'essayer...à part un peu de temps...beaucoup de temps ! Et puis, il faudra passer après les SDF, les femmes seules avec enfants à charge, les gens qui sont hébergés, ceux qui se font expulser, ceux qui sont dans un logement insalubre et ceux qui ne gagnent pas grand chose...
Allez positivons : qui voudrait aller là où je veux aller franchement ??
Publié par deline à 19:50:41 dans Le (futur) boulot | Commentaires (2) | Permaliens
Ca fait maintenant quasiment un mois que je travaille dans un service de l'Etat, l'occasion pour moi de comprendre quelques petites choses, notamment au niveau de l'informatique.
L'Etat a décidé de promouvoir les logiciels libres, et parmi eux (je dis parmi eux...à vrai dire, j'en ai pas encore vu d'autre !), la suite bureautique Open Office. Une manière pour l'Etat de faire des économies et d'éviter de payer la même licence pour chaque PC à Microsoft.
Au delà de la simple économie, un logiciel libre peut être modifié pour coller au plus près des besoins de chacun, mais pour cela, il faut bien sûr un informaticien à disposition : un logiciel libre n'implique pas forcément une gratuité totale, on peut également construire un logiciel à partir d'un logiciel libre et attribuer la maintenance de ce logiciel à des spécialistes. Mais ce n'est apparement pas possible...
Le problème de l'Etat, c'est la pédagogie : pourtant, on les entend toujours dire qu'ils vont en faire pour essayer de faire accepter des réformes qui n'ont aucun sens ; comme le travailler plus pour gagner plus "on va faire de la pédagogie"...oui, dites à mon employeur (donc celui qui veut faire de la pédagogie) que logiquement je devrais pouvoir travailler plus pour pouvoir gagner plus, ça m'étonnerait qu'il apprécie...(déjà qu'il doit se dire que je lui coûte assez cher en étant en CDD et pas titulaire) bref, on s'éloigne du sujet et de toutes façons, je veux pas travailler plus !
L'Etat décide unilatéralement de remplacer la suite Office par la suite Open office : personnellement, je n'y vois aucun inconvénient, un peu de formation devrait suffire pour permettre à tout le monde de s'y retrouver. Le problème est là : une petite formation apparement, mais rien qui n'ai fait adhérer largement le personnel à ce nouveau logiciel.
Résultat : "Open office, c'est de la merde", "Ca marche pas", "On peut rien faire avec ce truc". J'ai quand même réussi à faire un mémoire avec, je pense donc qu'il est largement suffisant pour le simple usage bureautique des plus limités qu'il en est fait.
Argument n° 1 : "quand on envoi un fichier à quelqu'un qui n'a pas open office, il arrive pas à le lire" ; là, je me doute que la formation n'a pas été assez poussée puisque open office permet d'enregistrer en .doc, en .rtf., en .txt, en pdf... Bref toute une suite de format qui devrait permettre à tout le monde de s'y retrouver. A cet argument, je réfute, "Open office ouvre du .doc, pourquoi word n'est pas capable d'ouvrir un .odt ? C'est lequel qui permet le plus d'interopérabilité ?"
Argument n°2 : "open office c'est compliqué". Là encore, manque de formation, les différentes fonctions ne sont pas toutes aux mêmes endroits mais on s'y retrouve quand même facilement ! Surtout pour ce qui est des tâches les plus basiques ! Mais quand je dis que c'est pas compliqué, on me répond "oui mais toi t'es née là dedans". (Non, c'est pas vrai, j'avais un mac quand j'étais petite...chose encore différente !)
Argument n°3 : "c'est gratuit, c'est juste pour ça qu'on a ça, mais c'est de la merde".
Au final, ce que j'ai découvert, c'est qu'à la base le personnel n'est pas très doué en informatique, on leur a livré des PC parce qu'il a bien fallu le faire à une époque où ça devenait la règle, mais les formations n'ont pas suivi. Du coup, ils ne sont habitués qu'aux logiciels les plus courants et les plus simples d'utilisation. La facilité d'utilisation (truc convivial et tout et tout) primant sur la qualité du produit (allez faire comprendre que ce n'est pas parce qu'un logiciel affiche les balises XML en couleur qu'il est mieux qu'un autre qui ne le fait pas...). Et le conservatisme de certains primant sur la modernité.
Au final, j'ai été assez contente quand on m'a sorti "comment on fait pour passer un .docx en PDF ?", je lui ai répondu que s'il avait été sous Open Office, ça se serait fait en un clic de souris...
Publié par deline à 19:31:50 dans Le (futur) boulot | Commentaires (5) | Permaliens
J'ai commencé mon boulot le 1er septembre, je suis maintenant bien intégrée : ma tasse et ma cuillère pour le thé du matin sont bien présents à côté de l'évier (et c'est à moi !) ! En deux semaines, j'ai eu l'occasion de voir déjà quelques nouveautés par rapport à mon statut de stagiaire que j'avais eu jusque là...
Quand on est embauché pour un vrai boulot, on ne nous prend pas pour un(e) con(ne) en nous expliquant tout dans les moindres détails, on suppose apparement que vous avez déjà des acquis : ce qui est le cas, et du coup, on se sent quand même moins con, et encore plus quand on leur explique des choses (héhé) !
Dès la deuxième journée, le vigile ne me demandait déjà plus qui j'étais : certains devraient venir faire une formation auprès de lui ! Le pauvre vigile est condamné à lire toute sa journée et à manger sur place le midi...
Les personnes qui viennent dans mon bureau ne viennent pas forcément pour voir la deuxième personne présente dans le même bureau, on se sent moins transparent.
Dans le secteur des archives, il y a des noms connus (j'avoue que vous ne les entendrez jamais si vous n'y travaillez pas...) et c'est assez marrant quand on vous parle de gens et que vous vous dites "ah oui, il avait fait une intervention en cours !". On voit aussi des têtes connues qui étaient dans la même école que vous (élèves ou profs). Ce qui rend ce petit monde en fin de compte très petit et plutôt sécurisant : on se sent tout de suite moins timide. Même si certains ne vous reconnaissent pas alors que vous avez fait un stage de deux mois dans leur service...(mais certains vous reconnaissent et ça c'est cool !).
J'ai aussi compris l'intérêt des bonnes relations au travail : mon boulot étant transversal à tous les services, il faut aller à l'encontre de tous les personnels scientifiques des archives. Les mauvaises relations, ou le mauvais accueil de certaines personnes amènent une sentence simple et clair : on fera rien pour eux cette année...autant vous dire que certains services devront attendre le départ à la retraite de leur chef pour être re-considérés !
Et puis bien sûr, j'ai aussi vu la vie interne du MCC (devinez ce que c'est) : stage en pagailles (au moins une dizaine de stages annoncés sur ma boite tous les jours), considération minime pour les archives même si j'ai la chance de faire partie DU projet qui a de l'argent à disposition, réunions nombreuses ou personne n'apprend rien ou si peu et où on se répète beaucoup, demandes aux agents du MCC de se mobiliser pour les journées du patrimoine ou lire en fête...
J'ai droit à une cantine pas extra-ordinaire mais qui a le mérite de faire des patates douces ! J'ai aussi découvert les salsifis et les feuilletés à la saint-jacques (le jour où le pape est à Paris...). Les cantines de ministères (en tout cas celle-là) font payer les repas en fonction du salaire...ce qui est une bonne idée, mais je crois que passé un certain montant, tout le monde paye pareil...
Et enfin, j'ai surtout droit à un super quartier en plein coeur de Paris avec des boutiques plein partout et des bobos en veux-tu en voilà !
Publié par deline à 20:58:19 dans Le (futur) boulot | Commentaires (4) | Permaliens
Une rentrée sans quelques gouttes d'eau, ce n'est pas vraiment une rentrée...du coup, ce matin, armée de mon parapluie noir qui a subit tout les affres du campus de Nanterre, me voilà partie pour ma rentrée, bien habillée, bien coiffée et bien maquillée comme pour toutes les rentrées.
Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas fait de rentrée au mois de septembre...
Me voilà donc à 8h40 rue de Rivoli à la recherche du ministère de la culture pour aller signer mon contrat.
Quoi que les gens puissent penser du ministère de la culture, je trouve que cette "chose" métallique qui recouvre la facade est plutôt sympa (je ne parle pas du palais royal mais de l'autre bâtiment). Ca met un peu de folie dans ces facades très classiques du premier arrondissement, même si j'avoue que les photos ne rendent pas du tout hommage à cette structure. Et le design n'est pas qu'à l'extérieur, tout est design au ministère de la culture.
Côté symbolique, je suis moins convaincue...ça me fait plutôt penser à une prison, un lieu enfermé (renfermé ?), alors pour le ministère de la culture et de la communication, ça le fait pas trop ! Sans doute que l'artiste a trouvé une autre symbolique ; d'ailleurs, qui est cet artiste ? 
A commencer par l'entrée : tout est en transparence, tout est blanc, tout est pure...bon d'accord, le tourniquet ne marchait pas et il était dur à pousser...mais c'est tout de même très beau. Au dessus du comptoir de l'accueil, il y a des fils de fer qui pendent...dis comme ça...vous vous demandez à quoi ça peut ressembler...désolée mais je ne suis pas allée signer mon contrat avec mon appareil photo...mais ça a un certain charme.
Pour attendre, il y a des magnifiques fauteuils et canapés dont celui où je me suis précipitée...j'avais trop envie de le tester ! Merci de m'avoir fait attendre, il est très confortable ! Ce Canapé est l'oeuvre d'un certain Ron Arad...il coûte la (très) maudique somme de 8 363 euros (TTC quand même)...qui a dit que le ministère de la culture n'avait pas d'argent ?

Publié par deline à 21:12:05 dans Le (futur) boulot | Commentaires (3) | Permaliens
Ca y est, c'est officiel...enfin, il ne manque que le contrat...
Je vais désormais faire partie de ce "beau" ministère de la Culture à l'heure où un changement d'organigramme (à ce qu'on dit, c'est plus que ça...) fait disparaître la direction des archives de France (et d'autres) dans une vaste direction du patrimoine. Comment ai-je réussi à obtenir un poste qui n'était pas ouvert dans ces temps si sombres pour la fonction publique ? Je ne suis pas fonctionnaire mais en contrat (cela voudrait-il dire que les fonctionnaires n'ont pas de contrat ? c'est un non-sens)...c'est peut-être pour ça.
Au ministère de la culture, quand on vous embauche, on vous demande d'abord les pièces pour constituer le dossier avant d'avoir lu le contrat. J'avais jamais vu ça ! Mais que peut-on y faire ?
Au ministère de la culture, c'est le royaume de la bureaucratie et de la hiérarchie : Division de machin, Direction de truc, Sous-direction de bidule, Section des blabla...Tout ça prend déjà la moitié d'une enveloppe kraft de format A4! J'espère que le facteur va avoir le courage de tout lire...Quand on sait que dans la fonction publique, on n'apprécie pas qu'on passe au dessus de la hiérarchie pour parler d'un problème, j'imagine même pas le temps qu'il faudrait pour arriver tout en haut en respectant tous les échelons.
Le ministère a une division de la modernisation des carrières responsable apparement des gens sous contrat : ce qui veut bien dire ce que ça veut dire...
Pour un contrat dont vous ne connaissez donc pas le terme, ni les modalités...vous devez fournir pleins de documents : quand j'avais bossé en boulangerie, on m'avait demandé ma carte d'identité et ma carte vitale.
Là, il faut rajouter : l'attestation de carte vitale (retrouvée après une longue recherche et périmée depuis 5 ans) le livret de famille (pratique pour reconstituer l'arbre généalogique), les diplômes (y'a que Mme Dati qui ne les a pas donné...), l'attestation de la JAPD (capital !), un CV (que vous avez déjà envoyé en trois exemplaires avec votre lettre de motivation en plus du premier déjà envoyé pour la candidature spontanée), les 12 derniers bulletins de salaires (hum hum), un RIB (normal), deux photos (j'espère qu'il n'y aura pas trop de contraste...
), une certificat d'aptitude à un emploi dans la fonction publique (rigolez pas !) ainsi qu'une fiche de renseignements.
Avec tout ça, je suppose que les RG vont pouvoir constituer un petit dossier sur la famille. D'autant plus que la feuille de renseignements me demande les noms, prénoms et employeur de mon conjoint : de quoi je me mêle ?
Et le certificat d'aptitude dans tout ça ? La loi stipule que "Aucune personne ne peut être écarté d'une procédure de recrutement [...] en raison de [...] son état de santé ou handicap sauf inaptitude constatée par le médecin du travail". Que signifie inaptitude ? D'après le site du ministère du travail, une déclaration d'inaptitude ne peut pas entraîner de licenciement. Sachant que je ne suis même pas embauchée, cela voudrait-il dire que si j'avais été déclarée inapte, j'aurais eu droit à un autre poste ? J'ai de sérieux doutes à ce sujet, et je ne trouve pas normal que pour des postes qui ne nécessitent pas de capacités physiques particulières, on demande ce genre de chose.
Publié par deline à 17:52:14 dans Le (futur) boulot | Commentaires (6) | Permaliens
Vos blablas